Beaucoup d'équipes de direction l'apprennent à leurs dépens : une consigne orale, une note de service ou un affichage ne suffisent pas. Pour qu'une interdiction du téléphone soit opposable
c'est-à-dire applicable et défendable en cas de litige — elle doit figurer noir sur blanc dans le règlement intérieur voté par le conseil d'administration. Ce guide vous explique quoi écrire, comment le formuler, et vous donne un modèle complet à copier.
01Pourquoi la clause écrite est indispensable
La loi du 30 juillet 2018 (article L. 511-5 du Code de l'éducation) pose le principe de l'interdiction dans les écoles et les collèges. Mais la loi fixe un cadre, pas les modalités : c'est au règlement intérieur de chaque établissement de préciser le comment — où, quand, avec quelles exceptions et quelles sanctions.
Concrètement, un chef d'établissement qui sanctionne un élève sans base écrite s'expose à voir la sanction contestée. À l'inverse, une clause claire protège l'équipe, informe les familles et donne un fondement aux mesures disciplinaires.
02Les cinq ingrédients d'une bonne clause
Une clause efficace tient en quelques phrases, mais elle doit couvrir cinq points. En oublier un, c'est ouvrir une faille d'interprétation.
- Le périmètre matériel : ne visez pas que « le téléphone ». Élargissez aux montres connectées, écouteurs sans fil et tablettes, sous le terme « équipement terminal de communications électroniques ».
- Le périmètre spatio-temporel : enceinte entière et toutes les activités scolaires au collège ; cours, évaluations et lieux désignés au lycée.
- La modalité concrète : appareil éteint ou en silencieux, rangé dans la pochette de neutralisation — c'est ce qui rend la règle vérifiable.
- Les exceptions : élèves en situation de handicap, besoins de santé, usages pédagogiques encadrés.
- Les sanctions graduées : du rappel à l'ordre à la confiscation temporaire, en informant la famille.
03Le modèle prêt à copier
Voici la formulation que nous recommandons pour un collège. Les variantes lycée et cité scolaire — ainsi qu'une version copiable et imprimable — sont disponibles sur notre page dédiée.
« Conformément à l'article L. 511-5 du Code de l'éducation, l'utilisation par un élève d'un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques (montre connectée, écouteurs sans fil, tablette, etc.) est interdite dans l'enceinte de l'établissement et durant l'ensemble des activités scolaires, y compris pendant les récréations et les déplacements encadrés. Dès son entrée dans l'établissement, chaque élève éteint son appareil ou le met en mode silencieux, puis le range dans la pochette de neutralisation qui lui est remise ; la pochette demeure fermée jusqu'à la sortie. Tout manquement expose l'élève à la confiscation temporaire de l'appareil par un personnel autorisé et à une mesure disciplinaire graduée prévue au présent règlement. Des dérogations peuvent être accordées par le chef d'établissement pour les élèves en situation de handicap ou présentant un besoin de santé particulier, ainsi que pour les usages pédagogiques expressément encadrés par un enseignant. »
04La spécificité du lycée
Au lycée, le législateur a laissé la main aux établissements. Deux choix s'offrent à vous : l'interdiction totale, sur le modèle du collège, ou un usage encadré, autorisé en dehors des cours et des lieux sensibles. La seconde option est la plus répandue, mais elle exige une rédaction précise des temps et des lieux concernés, faute de quoi elle devient inapplicable.
Le piège du lycée, c'est la clause vague. « L'usage du téléphone doit rester raisonnable » n'est pas opposable. Nommez les temps (cours, évaluations) et les lieux (CDI, salles d'étude) où il est proscrit.
Pensez aussi à rappeler le droit à l'image : la captation ou la diffusion de sons et d'images sans consentement reste interdite partout, y compris dans les espaces où le téléphone est toléré.
05Du texte au dispositif
Une clause votée mais sans moyen matériel reste lettre morte : c'est la principale cause d'échec des interdictions. Le règlement doit s'appuyer sur un dispositif concret — pochettes de neutralisation, bases magnétiques de déverrouillage en sortie, et pochettes de prêt pour les oublis.
Notre configurateur de solutions calcule en deux minutes le nombre exact de pochettes et de bases nécessaires selon votre effectif et vos points de sortie, et peut joindre automatiquement le paragraphe de règlement à votre devis.
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La pochette de neutralisation qui rend votre clause effective : verrouillage magnétique, déverrouillage en sortie, indicateur breveté.
Une fois la clause votée et le dispositif déployé, informez les familles dès la réunion de rentrée. Les parents bien informés deviennent les premiers relais de la règle — et c'est souvent ce qui fait la différence entre une mesure subie et une mesure adoptée.


